Le metier de consultant statistiques, interview de Vincent Guillory
On entend souvent le nom Consultant quand on aborde les métiers tertiaires. Mais de quoi s'agit-il exactement ? On peut être consultant dans de nombreux domaines qui n'ont aucun rapport entre eux. Les réalités peuvent donc être nombreuses derrière un même terme. Notre témoignage du jour s'intéresse au métier de consultant statistiques. Un grand merci à Vincent Guillory qui nous explique plus en détails son parcours et en quoi consiste son métier. Bonne lecture !
- Dans quel type d’entreprise travaillez-vous actuellement ? Dans quel secteur d’activité ? Quel est votre poste actuel ?
Je travaille actuellement comme consultant chez Cadres en mission pour plusieurs entreprises de distribution spécialisée (agroalimentaire, e-business, quincaillerie pour le bâtiment, matériel médical, etc.) de toutes tailles et qui ont pour point commun d'avoir beaucoup de références à gérer.
- Quel est votre parcours professionnel et comment êtes-vous arrivé à votre poste actuel ? Quelles études ou formations avez-vous suivi ?
J'ai suivi des études à l'IUT de Vannes en statistique et traitement informatique des données ainsi qu'en commerce électronique.
C'est un comble mais c'est par hasard que je suis devenu prévisionniste car il n'y a pas vraiment de formation type, métier récent oblige. C'est plus par expériences professionnelles qu'on le devient. Pour moi, après plusieurs missions de statisticien généraliste (CNRS , Rennes Atalante, Mediaveille et RegionsJob), tout débute chez Bridel (groupe Lactalis) où j'ai pour projet de stabiliser le dossier très volatile de la crème chantilly (plusieurs centaines de références et donc de millions d'euros de CA) avec des rotations de ventes très saisonnières (pic brutal en début de saison et variations très fortes en fonction de divers facteurs comme l'apparition des fraises sur le marché ou la météo) Ensuite j'ai poursuivi à un stade supérieur chez Entremont afin de finaliser le passage de la gestion papier/crayon de milliers de références franchissant le cap du milliard d'euros dans le système informatique leader dans les prévisions alimentaires fraiches (futurmaster). Ma dernière mission fut au sein de l'interprofession de la volaille où j'ai vécu une autre dimension, celle d'une filière agricole dans son ensemble avec son côté plus institutionnel et politique ...
- Quelles sont les différentes missions liées à votre travail ? Comment se déroule une journée type ?
Un prévisionniste a pour mission de prévoir tout ou partie de l'activité d'un ou plusieurs services de l'entreprise. Il s'agit le plus souvent des ventes au cœur du métier de l'entreprise qui tirent l'ensemble des flux de la structure. Il n'y a pas vraiment de journée type mais il y a des passages obligés :
- Analyse des écarts et de leurs conséquences
- Communication avec les différents services
- Diffusion des prévisions
- Modélisation des courbes
- Paramétrages avancés
- Recueils d'information
- Tableaux de bords
- Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?
La première qualité est bien sûr la résistance au stress. En effet, le prévisionniste manipule bien souvent d'importantes sommes de marchandises ou services et chaque erreur peut avoir de graves conséquences humaines et matérielles. Une fois cette étape franchie, le prévisionniste doit bien comprendre l'incidence de ses chiffres sur l'organisation de l'activité. Il ne s'agit pas de "pondre" un chiffre et d'ignorer son devenir. C'est pourquoi un prévisionniste doit être un bon communiquant et surtout un fin analyste avec les compétences statistiques et informatiques de bases mais aussi une certaine culture générale afin d'avoir une bonne vision de l'entreprise et de son environnement. J'ajouterai également une dose de curiosité pour aller au-delà des chiffres. En effet, l'information nécessaire à la compréhension peut se trouver n'importe où et le prévisionniste devant son ordi doit savoir quitter sa chaise afin d'aller sur le terrain pour être le plus réactif possible. Bref, c'est un métier de passionné. Enfin, le prévisionniste doit pousser son recul jusqu'à analyser ses écarts et ses erreurs qui ne sont pas toujours visibles, permettant de s'améliorer continuellement car une prévision n'est exacte que si elle satisfait aux objectifs et il faut donc sans cesse se remettre à l'ouvrage !
- Quels sont les principaux points forts et points faibles de ce métier ? Quelle partie préférez-vous ?
Le point fort de ce métier est le fait d'être au cœur de l'entreprise et de son environnement économique. Le point faible est l'usure à terme car les prévisions sont cesse à retravailler, peu d'acquis possible... La partie que je préfère est de pouvoir améliorer significativement les résultats.
- Quelles sont les évolutions actuelles de votre métier ? Comment voyez-vous votre poste dans le futur ?
Les évolutions de ce métier sont une variabilité croissante de l'activité (client/consommateur infidèle, promotion agressive, rapport économique tendu) et donc un stress accru mais cela pérennise ce poste de spécialiste au sein de l'organisation.
- Quelle est le salaire moyen pour un débutant, un confirmé ?
Salaire moyen d'un débutant = 25 k€
Salaire d'un confirmé = 35 à 40 k€
Cela dépend de l'importance des prévisions, des sommes en jeu et des marges de l'entreprise.
- Avez-vous une anecdote sur votre parcours ?
Je me rappelle du jour où j'ai calculé le montant des marchandises manipulées par jour et ai pris conscience qu'il se chiffrait en millions d'euros !
Partager